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WAKE UP AFRICA. Bienvenue sur la page web de l'AUDA (Association pour l'Unité et le Développement de l'Afrique)
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25 novembre 2023

Matiyem Kadjio : >

Matiyem Kadjio : << Il est impératif de former des professionnels>>

Matiyem Kadjio 01

Du 15 au 17 novembre, la ville de Yaoundé a accueilli la toute première édition de la Semaine des Bibliothèques du Cameroun, événement historique dans le domaine de l'information-documentaire du pays. Partie prenante de l'organisation de cette SEBICA, Matiyem Kadjio, Délégué général de la Sebica et Président de l'Association des Professionnels de l'Information Documentaire du Cameroun Pour l'Afrique (APIDCA) est revenu pour nous sur ce que représente cet événement, le jugement qu'il en fait et les perspectives qu'il peut faire naître.

Pourquoi n'est ce qu'aujourd'hui que les bibliothèques camerounaises se voient consacrées une semaine ?

En principe, cette préoccupation devrait à notre avis, être posée par le public usager ordinaire. Curieusement, le constat a été fait selon lequel même le professionnel, après trois années d’études supérieures et bien qu’expérimenté, se pose la même question. Il nous a de ce fait semblé impératif de trouver une solution définitive à ce questionnement : Organiser un Grand rendez-vous national qui servirait de plateforme de réflexions et d’échanges sur les problèmes et les actions relativement aux véritables rôles politique, économique et socioculturel de la bibliothèque. À côté de cela, il faut dire qu’au niveau de notre ministère de tutelle, notamment le Ministère des Arts et de la Culture, on note de plus en plus une volonté manifeste de restructurer sur le plan juridique le secteur des arts et de la culture.

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Pourquoi trois jours seulement accordés à une "semaine" des bibliothèques ?

Ce créneau nous semblait le.meilleur pour boucler l'ensemble des activités que nous voulions mener pour la cause. La Campagne baptisée « #FreeLib4Dev, Semaine de lecture gratuite », qui avait pour objectif principal d’ouvrir gratuitement les collections et les services de bibliothèques sur toute l’étendue du territoire national pour une période d’une semaine. La Campagne « #Lib4Dev, La lecture qui transforme » : elle concernait les organisations et a eu pour but de sensibiliser le personnel sur la lecture et la nécessité de disposer d’une politique de développement de collections conforme aux intérêts stratégiques de l’organisation, en vue de provoquer un vent de changement. Celle-ci par contre était ouverte du 30 octobre au 10 novembre 2023. Et un concours de lecture à haute voix.

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Le thème de cette première édition de la SEBICA est « Pour un nouveau départ ». Cela signifie-t-il qu'il faut rayer tout ce qui a été fait avant dans le domaine de l'information-documentaire?

Pas du tout ! Le nouveau départ dont il s’agit ici pour nous consiste à mettre en place une grille de suivi et d’évaluation des réflexions et des actions en faveur de la promotion des bibliothèques et des bibliothécaires.

Lors de la cérémonie d'ouverture le Ministre des Arts de la Culture a brillé par son absence alors qu'il était annoncé pour être présent. Qu'est-ce que cela provoque comme réaction en vous?

Il faut dire que l’évènement a coïncidé avec un autre grand évènement qui impliquait fortement le ministre et tout son staff : l’organisation de la structuration du mouvement artistique et culturel national. Par cette absence, beaucoup de participants et invités ont très vite trouvé un moyen de conclure que la situation instable des bibliothèques et des bibliothécaires du Cameroun est une volonté gouvernementale. Mais nous restons confiants. Le Cameroun est un grand chantier. D’ailleurs, la marraine de l’évènement, Pr Rosemary Shafack, était présente. En tant que bibliothécaire et coordonnatrice du Pole des professionnels de l’information et de l’organisation des savoirs, elle a su garder une ambiance dynamique et satisfaisante.

Durant la cérémonie d'ouverture un plaidoyer a été émis en direction de l'appareil gouvernemental. Cela signifie-t-il qu'il n'en fait pas assez?

Le plaidoyer en question était tout simplement une expression sans complaisance de notre vision. Il n’a pas seulement été adressé à notre ministère de tutelle à savoir le Ministère des Arts et de la Culture, mais aussi à toutes les Structures en charge de l’information, de la formation et du divertissement. Comme l’a dit la présentatrice dudit plaidoyer, Dr Chantal Moukoko, c’est tout le système éducatif qui doit être interpelé. L’information est au cœur de la société. La promotion de la culture et de l’éducation au Cameroun à travers les bibliothèques est une affaire de tous y compris les médias.

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On a beaucoup parlé de vulgariser l'accès aux bibliothèques. Qu'est-ce que l'Apidca pose comme actions dans ce sens?

APIDCA c’est trois 03 axes dynamiques : la formation initiale et continue, l’accompagnement et et la publication scientifique. En 05 ans de fonctionnement, nous totalisons plus de 429 membres, 12 ateliers de formation, 21 webinaires, 06 célébrations professionnelles, 17 accompagnements dans l’audit, la conception la mise en place et l’animation de bibliothèques, 01 site internet, une base de données des bibliothèques et des bibliothécaires du Cameroun, un magazine (Documag).

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Est-ce qu'à l'ère du livre numérique, et en constatant le désintérêt de la jeunesse pour la lecture aujourd'hui. Est-ce que des initiatives comme celles-là ne sont pas mortes-nées ?

Pas du tout. Nous parlons aujourd’hui de la « société du savoir » où tous les moyens doivent être mis en jeu pour faciliter l’accès à l’information, à l’éducation et la culture à travers les bibliothèques. Le numérique joue un rôle très important à ce sujet, c’est un outil que nous devons nous approprier à bon escient.

Quels enseignements tirez-vous de cette première édition de la Semaine des bibliothèques du Cameroun?

Premièrement, il faut sensibiliser les différents acteurs et public. L'un de nos grands constats c’est que le public usager n’est pas suffisamment informé sur l’organisation et le fonctionnement de la bibliothèque, les services offerts et les activités qui y sont régulièrement organisées. Du coté des dirigeants, ils ne semblent pas toujours considérer comme une priorité les rôles politique, économique et socioculturel des bibliothèques. Quand nous parlons de dirigeants, il s’agit des ministres, les sénateurs, les députés, les maires, les responsables d’écoles et universités, etc. Deuxièmement, les bibliothécaires doivent innover, d’où l’importance des formations continues. Les besoins des usagers sont de plus en plus divers et exigeants. Le numérique présente beaucoup d’opportunités pour un service efficace aux usagers.

Troisièmement, il est impératif de former des professionnels niveaux BEPC, PROBATOIRE et BACCALAUREAT. Les bibliothèques ont besoin de personnels auxiliaires formés au même titre qu’il existe des infirmiers aides-soignants dans les hôpitaux.

Avons-nous d'ores et déjà l'assurance que la SEBICA reviendra pour une deuxième édition l'an prochain?

Bien sûr ! La date et le lieu sont déjà connus : 06 au 08 novembre 2024 toujours à Yaoundé.

 

Réalisée par Arthur Minyem

Yaoundé, 19 novembre 2023 (CAP News)

 


 

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